De Tomaso P72 : motorisation V8, design néo-classique et caractéristiques techniques

Par Octavia , le 4 février 2026 , mis à jour le 5 février 2026 - 14 minutes de lecture
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La silhouette longiligne d’une supercar aux courbes presque irréelles suffit parfois à réveiller un nom que l’on croyait rangé dans les archives. La De Tomaso P72 appartient à cette catégorie de voitures qui ne se contentent pas de chasser les chronos, mais cherchent à raconter une histoire, à relier une époque à une autre. Sous ses formes néo-classiques, elle incarne le retour d’une marque longtemps silencieuse, portée par une mécanique V8 très tangible et une fiche technique qui refuse la tiédeur.

Présentation de la De Tomaso P72

Une hypercar à contre-courant

La De Tomaso P72 se présente comme une hypercar singulière, qui refuse la surenchère technologique purement numérique pour revendiquer un ancrage mécanique fort. L’auto repose sur un châssis monocoque en fibre de carbone, partagé avec une autre sportive extrême, ce qui lui offre une base à la fois légère et rigide. Sa carrosserie, tout aussi composite, enveloppe cette structure avec des volumes généreux, presque sculpturaux.

Le projet P72 a connu une gestation longue, marquée par des changements de stratégie industrielle et de localisation. Annoncée publiquement avant même son entrée en production, la voiture est devenue un symbole de persévérance pour une marque qui cherchait sa place dans un paysage dominé par les grands constructeurs et les nouveaux venus électriques.

Une fiche d’identité résolument exclusive

La P72 n’a pas vocation à remplir des parkings, mais à occuper quelques garages soigneusement sélectionnés. Son positionnement se lit à travers quelques éléments clés :

  • Type de véhicule : hypercar à moteur central arrière
  • Architecture : châssis et carrosserie en fibre de carbone
  • Transmission : propulsion, boîte manuelle à 6 rapports
  • Motorisation : V8 atmosphérique de 5,0 litres
  • Production : série limitée à 72 exemplaires
  • Prix annoncé : autour de 750 000 euros

La P72 se situe à la croisée des chemins entre l’objet de collection, la machine de piste civilisée et la sculpture roulante. Cette identité hybride prépare naturellement le terrain pour revenir sur le passé de la marque qui la porte.

L’héritage de la marque De Tomaso

Une histoire faite de contrastes

La marque De Tomaso est née en Italie, à Modène, dans un environnement où les voitures de sport se vivent presque comme une langue maternelle. L’histoire de ce constructeur a toujours oscillé entre ambition sportive, collaborations prestigieuses et fragilité économique. Les modèles mêlant moteur américain et style italien ont marqué les esprits, tout en exposant les limites d’une structure de taille modeste face aux géants de l’industrie.

Après une longue période d’inactivité, la marque a changé de mains et s’est retrouvée au cœur d’un projet de relance. La P72 symbolise cette volonté de renouer avec une tradition faite de moteurs généreux, de design expressif et d’une certaine forme d’insoumission aux tendances dominantes.

Le lien avec les prototypes historiques

La P72 fait directement référence à un prototype des années 1960, la P70, développée autour d’un châssis de course et d’un moteur américain. Cette filiation n’est pas seulement esthétique, elle incarne une philosophie : marier des lignes sensuelles inspirées de la compétition avec une mécanique très charnelle.

On retrouve dans la P72 une relecture de cet héritage :

  • Rappel du nom : P72 comme écho à la P70 originelle
  • Architecture : moteur central et carrosserie profilée façon prototype d’endurance
  • Alliance de cultures : style italien, technique influencée par l’ingénierie américaine et européenne

En renouant avec ce passé, la marque ne se contente pas de regarder dans le rétroviseur. Elle utilise cette mémoire comme un socle pour un design néo-rétro assumé, qui constitue le premier choc visuel de la P72.

Un design néo-rétro exceptionnel

Des lignes sculptées dans la nostalgie

Le design de la P72 se lit comme une lettre d’amour aux prototypes d’endurance des années 1960. Les ailes gonflées, l’arrière fuselé et les passages de roue marqués composent une silhouette fluide, où chaque courbe semble prolonger la précédente. La carrosserie en fibre de carbone permet ces formes galbées, presque organiques, loin des arêtes vives de nombreuses hypercars contemporaines.

Le regard est happé par quelques éléments caractéristiques :

  • Phare avant : optiques arrondies, légèrement encastrées, qui évoquent les voitures de course historiques
  • Vitre latérale : surface vitrée étirée, donnant une impression de bulle, typique des prototypes d’époque
  • Arrière : poupe allongée, ajourée par des sorties d’air et un diffuseur imposant

Un habitacle comme une pièce d’horlogerie

L’intérieur de la P72 adopte un style que l’on pourrait qualifier de rétro-futuriste. Les matériaux nobles occupent le devant de la scène : cuir, métal poli, carbone apparent. Les compteurs analogiques, les commutateurs inspirés de l’aéronautique et la présentation générale rappellent davantage une montre haut de gamme qu’un cockpit bardé d’écrans.

Quelques choix marquants structurent cet univers :

  • Instrumentation : cadrans ronds, aiguilles fines, graphisme soigné
  • Commandes : levier de boîte mécanique proéminent, grille apparente, boutons métalliques
  • Ambiance : mélange de tradition artisanale et de technologie cachée sous le cuir et le carbone

Ce parti pris esthétique prépare le terrain pour la mécanique, qui s’inscrit, elle aussi, dans une forme de résistance à l’époque des moteurs suralimentés et des hybrides survoltés.

La motorisation V8 puissante

Un V8 atmosphérique d’origine américaine

Au cœur de la De Tomaso P72 se trouve un moteur V8 atmosphérique de 5,0 litres d’origine Ford, préparé par un spécialiste reconnu. Cette base technique, loin d’être anecdotique, renoue avec la tradition de la marque qui a longtemps marié style italien et mécanique américaine. Le bloc a été sensiblement retravaillé pour répondre aux exigences d’une hypercar moderne.

Quelques chiffres permettent de situer ce V8 dans le paysage des supercars :

Caractéristique Valeur
Cylindrée 5,0 litres
Architecture V8 atmosphérique
Puissance plus de 700 ch
Couple environ 825 Nm
Origine du bloc Ford, préparé par un motoriste spécialisé

Une expérience sonore et mécanique assumée

La P72 fait le choix d’une boîte manuelle à 6 rapports, une rareté dans le segment des hypercars. Cette décision donne une dimension presque pédagogique à la conduite : chaque changement de rapport devient un geste, chaque montée en régime une interaction directe avec la mécanique. Le constructeur a annoncé un travail soigné sur la sonorité de l’échappement, afin de retrouver le timbre des grandes sportives atmosphériques, tout en respectant les normes en vigueur.

Ce choix technique se traduit par :

  • Connexion directe : pédale d’embrayage, levier mécanique, sensation de contrôle accru
  • Bruit travaillé : échappement étudié pour offrir un registre sonore riche, sans tomber dans la caricature
  • Caractère moteur : montée en régime progressive, linéarité typique d’un atmosphérique, avec un pic de puissance élevé

La mécanique ne se résume toutefois pas au V8. L’ensemble des éléments techniques a été calibré pour que la P72 se montre à la hauteur de son statut d’hypercar, ce que détaille sa fiche technique.

Caractéristiques techniques de la P72

Une architecture issue de la compétition

La P72 repose sur une base technique partagée avec une autre supercar extrême, ce qui lui permet de bénéficier d’un châssis monocoque en fibre de carbone conçu pour résister à des contraintes élevées. Cette structure, combinée à une carrosserie en carbone, offre un rapport rigidité/poids particulièrement favorable.

Les principaux éléments techniques peuvent être synthétisés ainsi :

Élément Spécification
Châssis monocoque en fibre de carbone
Carrosserie fibre de carbone
Moteur V8 5,0 l atmosphérique
Transmission boîte manuelle 6 rapports, propulsion
Puissance plus de 700 ch
Couple environ 825 Nm
Nombre d’exemplaires 72 unités
Prix indicatif environ 750 000 euros

Performances et usage attendu

La P72 se situe dans la sphère des hypercars en termes de puissance et de potentiel dynamique. Même si les chiffres de vitesse maximale et d’accélération ne sont pas mis en avant comme un argument unique, la combinaison d’un V8 de plus de 700 ch, d’une masse contenue par l’usage intensif du carbone et d’une aérodynamique soignée laisse peu de doute sur son niveau de performances.

On peut esquisser son profil d’utilisation :

  • Route : homologation routière pour une utilisation occasionnelle, plutôt sur des parcours choisis
  • Circuit : potentiel important pour des journées sur piste privées, où la boîte manuelle et le V8 atmosphérique trouveront un terrain d’expression naturel
  • Collection : objet de désir pour collectionneurs, avec un fort potentiel de valorisation symbolique

Cette orientation vers la rareté se retrouve dans la stratégie de production, qui limite volontairement la diffusion de la P72.

La production limitée du modèle

72 exemplaires pour un objet de collection

La De Tomaso P72 sera produite à seulement 72 exemplaires, un chiffre qui renvoie directement à son nom et à sa vocation. Cette limitation n’est pas seulement un argument marketing, elle reflète une approche artisanale de la fabrication, avec une forte personnalisation possible pour chaque client.

Ce choix se traduit par :

  • Exclusivité : accès réservé à un cercle restreint d’acheteurs
  • Valeur perçue : positionnement au niveau d’un objet d’art automobile
  • Rareté sur le marché de l’occasion : perspectives de revente limitées mais potentiellement valorisantes

Un prix en phase avec le positionnement

Affichée aux alentours de 750 000 euros, la P72 se place dans la tranche haute des supercars thermiques. Ce tarif reflète à la fois le coût de la technologie carbone, la préparation du V8, la fabrication en petite série et le travail stylistique très poussé.

Pour les acheteurs potentiels, l’équation se pose en ces termes :

Aspect Impact
Prix d’achat environ 750 000 euros
Production 72 unités seulement
Positionnement hypercar néo-rétro de collection
Marché de l’occasion forte rareté, potentiel de maintien de valeur

Cette stratégie de rareté s’inscrit dans un projet plus large : celui de repositionner la marque De Tomaso comme un acteur singulier, capable d’exister à côté des grands noms sans chercher à les imiter.

De Tomaso, une renaissance audacieuse

Une relance menée par étapes

La P72 est le fruit d’une relance patiente de la marque, marquée par plusieurs changements de cap. La production, initialement envisagée à Modène, a été successivement annoncée aux États-Unis puis finalement fixée à Affalterbach, en Allemagne. Ce parcours illustre les défis rencontrés par un constructeur de niche qui doit composer avec des contraintes industrielles, réglementaires et financières.

Le calendrier de développement a connu plusieurs jalons :

  • Annonce publique : présentation du projet P72 et de son design néo-classique
  • Assemblage d’essai : premières voitures montées en fin de développement pour valider les processus
  • Lancement de la production : démarrage progressif, avec une montée en cadence limitée par la nature artisanale du projet

Une stratégie d’image plus que de volume

La P72 n’a jamais eu pour vocation de générer des volumes de vente significatifs. Elle sert davantage de vitrine, destinée à repositionner le nom De Tomaso dans le paysage automobile haut de gamme. En misant sur un design néo-rétro, une mécanique atmosphérique et une boîte manuelle, la marque se distingue de la tendance dominante aux hypercars hybrides ou électriques.

Cette renaissance se structure autour de quelques axes :

  • Identité forte : retour à un ADN mêlant style italien et moteur à forte personnalité
  • Communication ciblée : mise en avant du caractère artisanal et de la rareté
  • Perspective future : possibilité d’autres modèles à partir de cette base technique et stylistique

Ce retour en scène ne se limite pas à une opération nostalgique. Il s’agit aussi d’un hommage à un certain âge d’or de l’automobile sportive italienne.

Un hommage aux classiques italiens

Réinterpréter les codes des années 1960

La P72 puise largement dans le vocabulaire formel des voitures de course italiennes des années 1960. Les proportions, avec un long capot arrière, un habitacle avancé et des passages de roue marqués, rappellent les prototypes d’endurance qui sillonnaient les circuits européens. La voiture ne cherche pas à reproduire un modèle précis, mais à condenser une mémoire collective.

On retrouve plusieurs clins d’œil à cette période :

  • Lignes fluides : absence de cassures brutales, priorité donnée aux courbes continues
  • Détails chromés ou métalliques : entourage des vitres, éléments de fixation apparents
  • Couleurs : teintes profondes et vernies, qui accentuent le modelé de la carrosserie

Une esthétique au service du récit

La P72 ne se contente pas d’être belle. Elle raconte une certaine idée de l’automobile : celle d’un objet à la fois performant et contemplatif, que l’on regarde presque autant qu’on le conduit. L’intérieur, avec ses compteurs analogiques, sa sellerie travaillée et sa présentation quasi horlogère, prolonge ce récit.

Cette dimension narrative se retrouve dans la manière dont la voiture est perçue :

  • Par les passionnés : comme un pont entre les prototypes historiques et les hypercars modernes
  • Par les collectionneurs : comme une pièce rare, à forte charge symbolique
  • Par le grand public : comme l’image d’un certain luxe automobile à l’ancienne

Cette capacité à conjuguer passé et présent donne à la P72 une place particulière dans le segment des hypercars, où elle joue un rôle plus culturel que statistique.

L’impact du P72 sur le marché des hypercars

Une alternative aux hypercars ultra-technologiques

Sur un marché dominé par les moteurs suralimentés, les systèmes hybrides complexes et les interfaces numériques omniprésentes, la De Tomaso P72 propose une autre voie. Avec son V8 atmosphérique, sa boîte manuelle et son design néo-rétro, elle s’adresse à un public qui recherche une expérience de conduite plus analogique, plus sensorielle.

Son impact se mesure sur plusieurs plans :

Aspect Position de la P72
Technologie moteur V8 atmosphérique plutôt que groupe hybride ou électrique
Transmission boîte manuelle à 6 rapports, rare dans ce segment
Design inspiration néo-rétro, loin des lignes agressives futuristes
Volume 72 exemplaires, logique de collection

Une influence plus symbolique que quantitative

Avec un nombre d’exemplaires aussi réduit, la P72 ne bouleversera pas les statistiques de ventes mondiales d’hypercars. Son influence se joue ailleurs, dans la manière dont elle rappelle qu’une voiture très performante peut encore assumer une part de romantisme mécanique. Elle réintroduit dans le débat l’idée que la performance ne se résume pas à la chasse au dixième de seconde, mais passe aussi par le toucher de route, le son du moteur, le contact avec une boîte mécanique.

Pour les constructeurs, la P72 agit comme un rappel discret :

  • Sur la diversité : l’hypercar ne doit pas forcément suivre une seule voie technologique
  • Sur la mémoire : le passé peut nourrir des créations contemporaines sans tomber dans la copie
  • Sur l’émotion : la valeur d’une voiture ne se mesure pas uniquement à ses chiffres de puissance ou de vitesse

En imposant cette vision singulière, la De Tomaso P72 s’affirme comme un jalon marquant dans l’histoire récente des hypercars thermiques.

La De Tomaso P72 réussit à conjuguer plusieurs dimensions rarement réunies : un design néo-classique très affirmé, une motorisation V8 atmosphérique à la fois puissante et expressive, une production limitée qui la destine aux collectionneurs. Elle raconte la renaissance d’une marque italienne emblématique, tout en offrant une alternative crédible aux hypercars ultra-technologiques. Entre hommage au passé et manifeste pour une certaine idée de l’automobile, elle s’impose comme l’une des créations les plus singulières de son époque.

Octavia

Octavia

Attirée depuis longtemps par l’univers des GT et Supercars, ce qui me fascine par-dessus tout, ce sont les liens et la communauté qui se tissent autour de cette passion. Mon parcours, riche en rencontres, m’a naturellement amenée à vouloir créer des moments de partage uniques. C’est ainsi qu’est née mon implication dans gt-evasion.fr, un espace pour rassembler les passionnés de notre belle région, entre l’Hérault et le Gard. Mon ambition est simple : contribuer à organiser des sorties conviviales et des souvenirs mémorables, où le plaisir de la route se mêle à celui de la rencontre.